Intégrer , bonne ou mauvaise nouvelle pour les uns ou les autres, l’idée de l’oral d’admission . Pour cela ne relâcher en rien l’attention que vous devez porter à l’actualité : lecture des journaux et des hebdos , en cherchant à anticiper sur des questions possibles. Mais surtout reprendre point par point son dossier d’inscription et surtout maîtriser parfaitement la « lettre de motivation ».
Rappel du témoignage d’un étudiant , il y de cela deux ans.
Amin , élève de Terminale en 2010, obtient 13, 7 de moyenne aux épreuves écrites de l’examen d’entrée à l’IEP Paris , il doit donc affronter l’épreuve de l’oral , une première!
Il témoigne et raconte par le détail comment s’est déroulé l’entretien. Une précision : l’histoire finit bien , Amin termine sa première année rue Saint-Guillaume!
C’était il y a environ 9 mois. Et pourtant, en y repensant, je ressens toujours ce même sentiment de joie, de fierté, de responsabilité et de surprise que celui qui m’anima à la vue de mon nom sur la liste des admissibles à Sciences Po, et donc invité à passer un oral d’admission. Oral dont je ne savais rien puisque c’était la première fois que l’école décidait d’ajouter un oral à sa procédure d’admission par examen. Une forme d’épreuve du feu, d’ultime étape à franchir avant les résultats définitifs. Une étape dont je ne savais rien, mais qui me pousse, aujourd’hui, à écrire, raconter et expliquer cet oral à ceux qui, demain, passeront par la même voie.
Il ne faut pas se faire d’illusion, cette étape reste sélective. Et il est probable qu’en 2011, seul un étudiant sur 3 admis aux oraux sera reçu définitivement. Si les écrits occupent bien sur toutes les pensées, la connaissance de ce qu’est l’oral, dans ses détails, reste un atout considérable à qui l’opportunité de passer l’oral se présente.
Le 23 juillet 2010 donc. Résultats du concours. En fin de journée j’apprends que je vais passer l’oral, le 27.
Après le soulagement de savoir qu’une étape importante est passée, il faut se remobiliser, et 4 jours, c’est peu. Surtout quand on ne sait pas à quoi s’attendre, et que pendant près d’un mois après les écrits, les vacances ont pris le dessus. Ce que je savais juste, c’était ce qui était écrit dans ce petit paragraphe sur le site internet de l’école expliquant formellement ce qu’allait être cet oral: 20 minutes devant un jury de deux personnes, à dire, expliquer nos motivations et décrypter une image, caricature ou graphique que le jury nous montre. Rien de plus. Autant dire que j’y suis allé à l’aveugle, en préparant ce que je pouvais.
Arrive le fameux 27 juillet. Au 13 rue de l’Université, j’attends dans une sorte de hall, avec 4 autres personnes qui passent avec d’autres jurys. 10H15, un professeur sort et m’appelle. Après une bonne poignée de main, il m’invite à m’assoir dans une petite salle, avec un autre professeur. Ils sont deux, plutôt sympa à première vue, l’un professeur d’Histoire, l’autre d’Economie. Sans tarder, l’un d’eux me demande de me présenter. Un rituel obligé que j’avais préparé et qu’il est nécessaire à mes yeux de faire: apprendre un petit paragraphe de 30 secondes sur vous, avec vos motivations en 2-3 phrases très simples mais percutantes. Le jury va rapidement vous arrêter pour reprendre des mots, phrases de votre lettre de motivation et essayer de vous poser des questions à ce sujet. D’où le fait de bien connaître sa lettre, et d’éventuellement anticiper les questions posées. C’est ce que j’avais fait.
Ayant vécu à l’étranger un an, durant mon année de première, à Dubai, je l’ai mentionné dans ma lettre. Bien sûr, je m’attendais à ce que le jury me parle de cela. Et comme Dubai était au coeur de l’actualité, j’ai essayé d’apprendre un maximum de choses sur Dubai: le système politique, l’Histoire, les problèmes avec la Crise, son économie…bref j’ai fait le tour du sujet, et pendant 8 minutes presque, le jury m’a parlé de Dubai. Autant dire que j’étais rapidement à l’aise.
Est venu ensuite le moment d’analyser le document du jury. Je suis tombé sur une image de quatre personnes âgées qui jouent à la pétanque sur la plage. Après avoir rigolé deux secondes, j’ai compris que cela avait un lien avec toute l’actualité sur les retraites, la vieillesse ( thème du concours commun des IEP 2010 ), de la vie après le travail. S’est donc engagé avec le jury un débat avec des questions comme « quand devient-on vieux ?», « Etes vous vieux ?» « Comment marche le système de retraite en France et quelle est la différence avec les Etats-Unis ? ». Des questions qui nécessitent une bonne connaissance de l’actualité, dans ses détails ( plus dans les journaux qu’à la télévision ).
Arrive juste après le moment où le jury a analysé mon dossier. Après un rapide coup d’oeil le professeur d’économie me dit « Je vois…12/20 de moyenne de philosophie au premier semestre…c’est très moyen…vous êtes nul en fait ». Sympa….Mais évidement ce n’est pas ce qu’il voulait dire. Il voulait voir comment je réagissais lorsque on m’attaquait à l’oral comme ça. Et presque au tac au tac j’ai répondu « Oui, cela est moyen, je le reconnais bien sûr. Mais j’ai eu 18/20 au bac philo, cela montre tout de même un certain niveau ». Il a souri et a compris que je ne me suis pas plié sur ma chaise mais que j’ai essayé de me défendre avec ce que j’avais.
Enfin, après des questions du type « Quel est votre plus gros défaut ?» ou encore « Que pensez vous apporter à Sciences Po ?», le jury m’a dit « Avez vous quelque chose à ajouter ? » ( question qu’on vous posera toujours, soyez original donc ! ) et l’oral se termina.
Et ça y est, c’est fini. 20 minutes et me voilà en vacances, pour de vrai. Je ne pensais pas l’avoir raté ni l’avoir réussi. C’est un concours: tout dépend du niveau des autres.
Au final, cet oral s’est bien passé puisque j’écris cet article depuis la bibliothèque de Sciences Po, entre un cours de Macroéconomie et d’Anglais. Et la réussite de cet oral passe, encore une fois, par une préparation précise, organisée que j’ai expliquée plus haut. C’est une épreuve assez atypique, plus de motivation que de connaissance, avec un enjeu lourd derrière. Mais une épreuve largement à votre portée si vous vous y préparez. Soyez vous-même, soyez simple, n’ayez pas peur de vous faire un peu bousculer, et si en plus vous arrivez à gérer votre stress et parler avec conviction et force, alors les portes de la rue Saint Guillaume vous sont grandes ouvertes.
Et au fond, c’est un oral comme les autres…ou presque.
Amin .




En attendant le 20 juillet… il faut aussi préparer son plan B !
A ce propos j’aimerais avoir votre avis.
Je suis reçu en première année à l’IEP de Bordeaux et je suis accepté en hypokhâgne A/L au lycée Montaigne (à Bordeaux également). Or voilà, entre les deux mon coeur balance… Mon envie d’aller en prépa pour ensuite retenter le concours de l’iep dans un an est perçue dans mon entourage comme une complication intellectualo-intellectuelle inutile, voie comme de la vanité… Sympa les proches !
L’opinion d’un prof de khâgne spécialiste des concours Sciences Po me semble pouvoir viser juste !
En espérant que les résultats du 20 juillet viendront trancher ce choix.
Bien à vous.