Je vous propose la méthode de travail suivante , elle repose sur le bon sens et les spécificités du « sujet zéro ». L’originalité de l’exercice , tel qu’il a été défini , se trouve tout entière dans la formulation : « A partir des documents suivants et de vos connaissances… » On doit donc considérer que les documents « donnent » en quelque sorte le plan mais que l’argumentation doit être complétée par des connaissances personnelles. C’est bien une « note de synthèse » mais assez proche de celle que pratique le concours d’admission parallèle d’une école comme HEC.
Il est toujours plus facile de commencer par établir ce qu’il ne faut pas faire :
- Il ne faut pas procéder à un simple coupé/collé.
- Il ne faut pas se contenter de produire une série de comptes-rendus de lecture.
- Il ne faut pas se limiter dans l’argumentation aux documents proposés.
- Toute expression d’un jugement de valeur personnel est à proscrire.
On imagine bien, en outre, quels sont les critères d’évaluation ; ce sont toujours les mêmes pour toutes les « notes » :
- La présentation : mise-en-page , calligraphie.
- La tenue de la langue écrite.
- La compréhension des documents .
- La Culture Générale.
- La cohérence et l’organisation de la note.
Les étapes à suivre :
1- Analyse du thème général du dossier et du texte de présentation ( l’énoncé) : 5mn.
La formulation d’ensemble est essentielle, c’est elle qui donne les indications principales pour établir le plan : « les enjeux politiques de la réforme de l’impôt ». Qu’est-ce qu’un enjeu ? Il s’agit évidemment de demeurer dans un cadre politique. Enfin la réforme , l’article défini suppose que cette réforme est bien connue ( parce que jugée nécessaire depuis longtemps , parce qu’annoncée puis toujours différée etc. Cette formulation initiale doit être considérée comme un énoncé à part entière.
2- Analyse du sommaire. : 5mn.
Le sommaire laisse percevoir les centres d’intérêt du dossier ( pour notre sujet « zéro », la dimension historique, par exemple.) Titres, auteurs, dates, nature et origine des documents …autant d’informations essentielles.
3- Lecture des documents et sélection des informations. C’est une phase de travail vraiment déterminante, elle doit vous permettre d’éviter tout report ultérieur au dossier qui ferait perdre un temps très précieux. 60 mn
Il est préférable de ne lire le dossier qu’une seule fois . Pour cela , il faut l’examiner avec le plus grand soin . Extraire de chaque document les données principales et dans certains cas l’anecdote , le petit fait qui permettront de rédiger une accroche en introduction ou bien une chute pour la conclusion. Il faut repérer les définitions , les phrases d’exposition qui servent à bâtir le plan.
4- Elaboration du plan détaillé : 30mn
Le plan détaillé est donné par la formulation initiale et par l’orientation du dossier. Sur cette ossature peuvent se greffer des idées secondaires , nuançant l’analyse et nourries de votre propre Culture , de vos propres sources d’informations. Combien de parties ?
Il n’y a pas , pour cet exercice hybride qui tient à la fois de la synthèse et de la dissertation, de dogme . Néanmoins l’usage , la « tradition de la note administrative », fixent à deux le nombre des parties, chacune étant elle-même subdivisée en deux sous-parties.
Le plan doit comprendre :
- une brève introduction qui présente le sujet, le situe , expose le problème et annonce le plan.
- Un développement ( avec éventuellement titres et sous-titres.)
- Une conclusion concise , plutôt prospective que récapitulative ( en prenant appui sur une idée du dossier qui aurait mérité d’être amplifiée.)
La question des titres et des sous-titres revient fréquemment lorsqu’on est confronté à des exercices de formulation ou de reformulation des concours administratifs. C’est une liberté qui est laissée aux candidats , les uns et les autres étant plus ou moins doués . Ce qu’il faut savoir, c’est que de bons titres clarifient la lecture de la « note » mais également l’accélèrent. En revanche de « mauvais titres » donnent une impression d’ensemble très médiocre. Qu’est-ce qu’un « mauvais titre » ? Un titre obscur, elliptique , allusif ou faussement drôle. Mais aussi un titre « plat », redondant. Alors, libre à vous ….Personnellement, je préfère aux titres ( bons ou mauvais) , les phrases d’annonce qui explicite le contenu à suivre.
5- Mobilisation des ressources personnelles. 20mn
« A partir des documents suivants et de vos connaissances…. » remplace « A partir des documents suivants vous rédigerez… » IL faut donc donner du corps à votre plan en développant des arguments personnels qui témoigneront ainsi de votre intérêts pour les débats actuels. On consacrera bientôt un billet à ces débats en question , mais déjà la « minute d’actu » vous permet d’orienter votre documentation.
6- Rédaction de la note. 90 mn
Un style simple, précis et sobre. Des coordinations , pas de jugements de valeur. Evitez les répétitions et le jargon technique…Relisez-vous au fur et à mesure , plutôt que d’attendre la quasi-fin du temps réglementaire.
7- Traitement des deux questions ( sur quatre points). 30 mn
Inutile de faire long. Allez à l’essentiel. Les réponses attendues sont à l’évidence courtes.
Voici donc la séquence que je vous propose de tester. Vous avez jusqu’à la fin des vacances de Noël pour l’appliquer sur la note de synthèse « zéro ». On fait le point jeudi 5 janvier , avec un corrigé préparé à cet effet ! Vous pouvez , d’ici là poster après cet article vos suggestions de plan . On en reparle jeudi 5 dans un billet qui synthétisera vos réactions , vos trouvailles ou vos déboires !




Bonjour,
Voici une proposition.
1- Typologie de la fiscalité
1.1 : L’état des lieux de la fiscalité (doc 1 2 8)
1.2 : L’évolution récente (doc 3 et 5)
2- Quel avenir fiscal ?
2.1 : Une fiscalité sociale (doc 4 6 7 8 9)
2.2 : Une fiscalité de niches ? (doc 4 7 8)
Maintenant le problème c’est que si Sciences Po nous demande des connaissance, comment les acquérir sur des sujets qui peuvent être aussi complexes ?
Comment orienter la synthése, plan apparent ? grande ou petite intro ? conclusion ?
Bonjour,
Merci beaucoup pour vos infos sur la nouvelle épreuve, et sa méthodologie.
Voici ce que j’ai retiré du dossier sur les enjeux politiques de la réforme de l’impôt, je sens qu’il me manque quelque chose dans ce plan, mais je ne sais pas trop quoi!
Dans quelle mesure, face à l’augmentation du déficit du budget public, la réforme de l’impôt apparaît-elle comme indispensable mais délicate dans la gestion publique ?
I.Une réforme nécessaire aux objectifs divers et aux mesures controversées
A.Réduire le déficit budgétaire, objectif principal de la réforme de l’impôt sous impulsion étatique
a.L’impôt, un moyen de financement nécessaire à l’Etat depuis avant la Révolution
b.Le rendement économique des impôts actuels, un bilan mitigé
c.Les critiques du système fiscal actuel, une réforme s’imposant
B.Les principaux axes de la réforme de l’impôt par l’Etat, un effort commun est indispensable
a.Combattre la fraude et les niches fiscales
b.Les consommateurs (augmentation de la TVA, réforme des retraites) et les investisseurs (augmentation du PFL, et impôt sur les grandes entreprises) participent à l’effort
c.Une conséquence première : valoriser les revenus
II.Conserver l’Etat providence, et le principe de redistribution, et valoriser la croissance des entreprises, des enjeux trop différents pour se superposer
A.Valoriser la consommation et l’emploi par un impôt individuel et progressif
a.Les critères de la « révolution fiscale »
b.Les conséquences d’une telle réforme : redistribution et égalité
c.Limites : difficulté à faire passer de telles réformes (droite républicaine, patronat)
B.La croissance, nécessaire à la réduction du déficit budgétaire et au maintien de l’Etat Providence
a.Nécessité de favoriser la croissance en temps de crise
b.L’activité économique et l’emploi passe par une valorisation de l’investissement
c.Limites : peur d’un désordre social par surcroît d’inégalités économiques et donc sociales (abordées par Vauban, autant que le mouvement des Indignés)
Bonjour,
Je rejoins mes prédécesseurs et je vous remercie de ces éclairages précieux en ce qui concerne la méthodologie.
J’aurai une question au sujet du développement. Est-il nécessaire de citer les documents?
Merci d’avance.
Bonjour monsieur,
Je me permets de vous écrire afin de vous faire part d’un doute.
Le site de SciencesPo explique, en effet, dans les consignes concernant la note, que :
« On privilégiera en plus de la rigueur, de la mise en perspective critique des éléments du dossier, la culture dont pourront faire preuve les candidats pour éclairer le problème posé »
Les termes de « critique » et de « mise en perspective » me posent problème. Faut-il abandonner la neutralité de la note de synthèse en prenant le risque d’insérer une analyse critique du dossier, comme, et vous le rappelez, l’étude de dossier de HEC ? Et, dans ce cas, l’appellation « note de synthèse » est-elle encore valable, et, si oui, pourrait-on nous pénaliser d’avoir donné à la note une tournure trop « personnelle »?
Merci beaucoup, beaucoup, de votre réponse.
Bonjour,
Sur la page de Sciences po détaillant la nouvelle épreuve (http://admissions.sciences-po.fr/fr/master-france), on peut lire la phrase suivante :
» Les deux sujets proposés au choix des candidats pourront porter sur des questions relatives à l’actualité politique, économique et sociale, en France, en Europe et dans le monde. »
Cela n’implique t-il pas que le candidat devra choisir entre deux sujets proposés ?
Merci.
Bonjour,
Je vous remercie pour cette méthode. J’ai bien étudié le dossier et je me suis rendu compte que j’avais de nombreuses lacunes concernant les impôts.
Pensez-vous que ce sera un sujet similaire en mars ? Et les sujets sont-ils préparés longtemps à l’avance (est-ce qu’on peut tomber sur un sujet concernant début 2012) ?
Y a t-il d’autres exemples de sujets ? Je sais que c’est une nouvelle épreuve mais il est difficile de se préparer avec un seul exemple…
Merci pour votre réponse.
Le concours approchant, un billet avec une proposition de corrigé serait bienvenu !
Ma proposition de plan:
I. Un système fiscal français menacé de faillite
A. Une pression fiscale qui s’exerce à de multiples niveaux
(perspective historique et état des lieux. principalement art.3, et 1+2)
B. Une remise en cause croissante d’un système fiscale opaque et injuste (art. 4 surtout)
II. Comment réformer le système fiscal français?
A. L’impératif de protection de la compétitivité économique.
(théorie « libérale » et positionnement du gouvernement actuel) (art. 7-8 + 5)
B. La nécessité d’une « révolution fiscale »?
(théorie qui privilégie l’équité sociale). (art.4+6)
Un plan donc plutôt sur le modèle: Etat de lieux & problèmes / solutions (2 conceptions idéologiques).
En conclusion, j’ai souligné le débat sous-jacent entre égalité & équité qui me semble traverser le dossier (et ma note de synthèse)(cf.impôt proportionnel/progressif).
Bonjour,
Tout d’abord je vous remercie pour vos conseils qui permettent d’éclairer de nombreuses zones d’ombres concernant les exigences du jury.
Ma question est simple: Il y a t-il une limite dans le type de connaissances que nous devons apporter? Je m’explique, si au lieu d’illustrer par d’autre faits d’actualités, on rajoute à la thèse d’un des auteurs, les travaux d’un notre auteur allant dans ce sens, est-ce toujours bon? Car à la lecture des différents forums, j’ai vraiment l’impression que les connaissances doivent se limiter à des faits d’actualités, or il existe des théories de vérités générales qui permettent d’appuyer le point des vus des auteurs. Ainsi sur un sujet pour l’illettrisme, si je cite l’Emile de Rousseau en appuyant un auteur, cela sera t-il considéré comme une référence valable ou hors-sujet, ou surinterprété?
En vous remerciant d’avance.
M.A
Bonjour,
Tout d’abord je vous remercie pour vos conseils qui permettent d’éclairer de nombreuses zones d’ombres concernant les exigences du jury.
Ma question est simple: Il y a t-il une limite dans le type de connaissances que nous devons apporter? Je m’explique, si au lieu d’illustrer par d’autre faits d’actualités, on rajoute à la thèse d’un des auteurs, les travaux d’un autre auteur allant dans ce sens, est-ce toujours bon? Car à la lecture des différents forums, j’ai vraiment l’impression que les connaissances doivent se limiter à des faits d’actualités, or il existe des théories de vérités générales qui permettent d’appuyer le point des vus des auteurs. Ainsi sur un sujet traitant l’illettrisme, si je cite l’Emile de Rousseau en appuyant un auteur, cela sera t-il considéré comme une référence valable ou hors-sujet, ou encore comme une surinterprétation?
En vous remerciant d’avance.
M.A
D’un de nos auteurs*
Pour votre gouverne, HEC ne propose pas de « note de synthèse ». Seule l’ESCP en propose une.
Bonjour,
Les réponses sont elles envoyées par e mail ? Peut-on encore poser des questions sur ce sujet ? Y aura t il un exemple avec le sujet d’annale de 2012 ?
Merci d’avance.