Révisez le bac avec la série « The Hour »
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : colonisation et décolonisation.
L’histoire de la série
En 1956, à Londres, se crée sur la BBC une émission d’informations d’un nouveau genre, nommée The Hour. Une heure d’informations qui s’éloignent du traditionnel journal rempli uniquement d’informations autorisées par le gouvernement auquel les spectateurs ont été habitués jusque-là. La crise du canal de Suez arrive dans un contexte où les journalistes de l’émission se battent pour proposer du contenu de qualité malgré la censure régulière pratiquée par les représentants de l’Empire britannique, qui vit ses dernières heures de gloire.
En juillet 1956, le président de la République d’Égypte, Gamal Abdel Nasser, nationalise le canal de Suez à la suite du refus des États-Unis de fournir des fonds pour le barrage d’Assouan. Les britanniques défendent la position américaine, et gèlent les avoirs égyptiens. Nasser dénonce alors la présence coloniale du Royaume-Uni dans la région.
En octobre, le Royaume-Uni, la France et Israël lancent une opération militaire destinée à récupérer le canal, pour que les actionnaires l’ayant financé ne soient pas spoliés de ce qui, selon eux, leur appartient. Mais les Nations Unies jugent en faveur de l’Egypte, ruinant de nombreux actionnaires. Conséquences : la démission du Premier Ministre anglais Eden. Et surtout la perte de puissance internationale de l’Empire britannique, considéré comme affilié aux Etats-Unis puisqu’il suivra systématiquement les décisions américaines lors des 15 années suivantes sur la politique coloniale, avant de se retirer progressivement du continent africain. Dernière conséquence : une crise sociale qui durera jusqu’au début des années 1980.
Parallèlement au conflit du Canal de Suez, la série The Hour s’intéresse à un autre événement géopolitique du moment, l’insurrection de Budapest. Né d’une révolution étudiante, le mouvement devient une protestation globale du pays envers la politique imposée par l’Union Soviétique. Si elle s’avéra vaine, l’insurrection mit en valeur l’emprise soviétique sur les nations de l’Est. Aujourd’hui, le 23 octobre est un jour de fête nationale , en hommage aux étudiants tués par les forces répressives de l’Etat.
Plus d’infos sur la série sur Review de Presse.
Fiche pratique
Titre : The Hour • Créateur : Abi Morgan • Année : depuis 2011 (diffusion en octobre 2012 sur Orange Cinémax) • Récompenses : 3 nominations aux Golden Globe 2012.
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Révisez le bac avec la BD « Tintin au Congo » d’Hergé
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : colonisation et décolonisation.
L’histoire de la BD
Tintin, reporter du journal belge Le Petit Vingtième, part faire un reportage au Congo. Il est amené à combattre un gang de trafiquants de diamants à la solde de bandits de Chicago.
A retenir pour le bac
Cette bande dessinée est un document historique et peut être cité comme tel. Second album des aventures de Tintin, écrit entre 1930 et 1931, ce travail est une commande de l’abbé Norbert Wallez, directeur du quotidien belge catholique Le Vingtième siècle.
Le regard d’Hergé sur le Congo témoigne des représentations dominantes des Européens sur l’Afrique au moment de l’apogée de l’aventure coloniale. En 1931, l’Exposition coloniale internationale organisée à Paris pour exalter les réalisations et la « vocation » coloniale de la France attire 8 millions de visiteurs. Hergé apparaît comme le héraut de la mission civilisatrice que prétendent accomplir les métropoles. Il s’agit d’abord d’amener la paix et de diriger avec justice. Tintin rend des jugements et clôt des différends entre des populations autochtones présentées comme belliqueuses. Il faut ensuite soigner, éduquer et convertir. En visite dans une mission, Tintin devient professeur de géographie : « Mes chers amis, je vais vous parler de votre patrie, la Belgique ».
Terre de mission, le Congo est aussi représenté comme un espace exotique où l’aventure est synonyme de grandes chasses. Tintin massacre, pour la beauté du geste, girafes, éléphants, lions, crocodiles, rhinocéros.
Le regard du prof (et de ses élèves*)
Ce livre témoigne des préjugés racistes qui prévalent entre la fin du XIXeme siècle et les années 30. Les Noirs sont de grands enfants à la fois paresseux, belliqueux, puérils et stupides. Dessinés d’une manière stéréotypée, ils ont de grosses lèvres et parlent « petit nègre ». L’incapacité de maîtriser le langage sanctionne une infériorité.
L’exploitation économique de la colonie et la mise au travail forcé des populations du Congo, notamment par Léopold II de Belgique entre 1885 et 1908, ne sont pas évoquées par Hergé, à la différence de Georges Simenon. En 1932, cet écrivain belge publie dans l’hebdomadaire Voilà, un reportage « L’heure nègre » dans lequel il dénonce les pratiques coloniales.
La dernière planche de l’album, chef-d’œuvre graphique d’Hergé, concentre en une image l’essentiel du discours paternaliste colonial : un Noir et un chien se prosternent devant les fétiches de Tintin et Milou. Sur le même plan un autre Noir affirme qu’en « Belgique tous les petits blancs sont comme Tintin ». Une femme gronde son enfant et lui assigne comme devoir de devenir « comme Tintin » qualifié par un groupe d’hommes en palabre de « Boula Matari » ou « casseur de pierres », surnom donné à l’explorateur Stanley. Au centre de l’image, l’appareil photographique oublié par Tintin rappelle la supériorité technologique de l’Europe.
Fiche technique
Titre : Tintin au Congo • Auteur : d’Hergé • Editeur : Casterman • Année : première édition noir et blanc en 1931, édition couleur modifiée en 1947.
(*) Cette fiche a été réalisée par Mélissa Sicre, Francesca Masutti, Eléa Rousse-Geneix, Salomé De Foville, élèves de seconde au lycée Georges Brassens, Paris XIXème.
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Révisez le bac avec la BD « Octobre noir » de Didier Daeninckx et Mako
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : décolonisation et de la France sous la cinquième République.
En octobre 1961, Vincent est chanteur du groupe de rock « the gold star », en répétitions pour un concert au tremplin du Golf Drouot. L’enjeu est de participer à la finale pour le titre de meilleur groupe de l’année 1961 à l’Olympia. De son vrai nom Vincent s’appelle Mohand. Il vit avec ses parents et sa sœur Khelloudja dans une chambre d’hôtel pour travailleurs algériens à Saint-Denis.
Les Algériens se préparent à manifester contre le couvre-feu raciste imposé par le préfet de police Maurice Papon. Mohand choisit de jouer avec son groupe plutôt que de participer à la manifestation au cours de laquelle les forces de police tueront sa sœur.
A retenir pour le bac
Déjà auteur d’un roman policier, publié en 1984, Meurtres pour mémoires, Didier Daeninckx représente de nouveau la manifestation du 17 octobre 1961. Il montre la violence disproportionnée avec laquelle les forces de police ont arbitrairement réprimé les Algériens durant l’automne 1961 en région parisienne. La liste des dizaines de morts et disparus algériens en septembre, octobre et novembre 1961 est publiée en fin d’ouvrage.
L’intérêt du livre réside aussi dans le contraste entre deux mondes. Le Paris des Trente Glorieuses, du rock, des yéyés, est aussi celui des banlieues où sont relégués, dans des taudis, les immigrés misérables. A noter que cette bande-dessinée est préfacée par l’historien Benjamin Stora.
Fiche pratique
Titre : Octobre Noir • Auteurs : Didier Daeninckx et Mako • Editeur : Editions Adlibris • Année : septembre 2011.
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Révisez le bac avec la BD « Carnets d’Orient » (tomes 6, 7, 8) de Jacques Ferrandez
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : indépendance de l’Algérie.
L’histoire de la BD (tomes 6, 7 et 8)

Le tome 6 des Carnets d’Orient de Jacques Ferrandez débute avec les attentats revendiqués par le Front de Libération National (FLN) de novembre 1954. Sauveur est étudiant en médecine. Sa fiancée Marianne travaille dans une librairie. Ils sont amis avec Samia, jeune étudiante arabe. Octave, frère de Marianne et militaire parachutiste, revient d’Indochine où la France a été vaincue.
Chacune de ces existences bascule avec le conflit. Samia et son cousin Ali sont partagés entre leurs idéaux humanistes et l’engagement dans l’action violente. Octave, amoureux de Samia, veut remporter la guerre mais réprouve les méthodes de l’armée. Marianne est grièvement blessée dans un attentat à la bombe du café « Otomatic » en janvier 1957.
Dans le volume 7, Samia, dont le cousin Ali combat dans les rangs FLN, est manipulée par l’armée pour démanteler un maquis. Octave parvient à la protéger. Elle l’accompagne dans sa mutation vers le sud, dans le Djebel Amour, où il dirige une Section Administrative Spécialisée, unité de l’armée chargée de soigner et d’éduquer les populations arabes.
Le volume 8 s’achève avec le retour au pouvoir du Général de Gaulle et son discours sur le forum d’Alger, le 4 juin 1958.
A retenir pour le bac
Le grand talent de Jacques Ferrandez est de donner à voir la complexité de la situation en Algérie et les prises de position des multiples acteurs du conflit. En 1954, l’Algérie urbaine qui concentre l’immense majorité des « pieds noirs », les « Européens », contraste avec l’Algérie rurale pauvre, illettrée, où vit la plupart des « Musulmans », Arabes et Berbères. La mise en place des réseaux indépendantistes FLN et MNA, en villes et dans le « bled » (campagne), mélange persuasion et contrainte. Il s’agit pour les combattants d’être parmi la population « comme un poisson dans l’eau ».
L’année 1956 marque une escalade dans la violence. Le FLN commet des attentats à la bombe dans les cafés et lieux publics d’Alger. L’armée française obtient des parlementaires des pouvoirs spéciaux et développe une contre guérilla basée sur la torture, les déplacements et internements de population.
L’Algérie sombre dans une escalade de violence : ratonnades commises par des pieds noirs en réponse aux attentats, règlements de compte au sein du FLN où se généralise la suspicion de trahison, opérations sanglantes de l’armée, conflit entre les deux mouvements FLN et Mouvement National Algérien du leader historique Mohamed Hadj Messali.
La situation de la population « musulmane » apparaît particulièrement complexe, prise au piège dans une spirale de violences alimentée par l’armée française, le FLN, le MNA et la radicalisation de certains pieds noirs. Ces derniers, forts du soutien de la hiérarchie militaire à Alger, les généraux Salan et Massu, établissent en mai 1958 un pouvoir insurrectionnel qui permet le retour au pouvoir du Général de Gaulle.
Ferrandez met en relief les contradictions d’une armée française à laquelle les dirigeants politiques ont abandonné le pouvoir et qui doit assumer la répression, la guerre et la « pacification ».
Le regard du prof
Les Carnets d’Orient de Jacques Ferrandez évoquent la période coloniale en Algérie entre 1830 et 1962. On y suit les destins croisés, sur plusieurs générations, de colons et leurs descendants, « les pieds-noirs », mais aussi d’Arabes et Berbères.
Cette série permet de comprendre l’entreprise coloniale française en Algérie et la complexe guerre d’indépendance dans le cadre du thème « De l’impérialisme colonial européen à la décolonisation » des programmes de terminale ES, L, S en vigueur jusqu’en juin 2012. Elle illustre le thème « colonisation et décolonisation » du nouveau programme de première, effectif depuis la rentrée 2011.
Fiche pratique
Titre : Carnets d’Orient, La guerre fantôme (tome 6), Rue de la bombe (tome 7), La fille du djebel Amour (tome ) • Auteur : Jacques Ferrandez • Editeur : Casterman • Année : 2002 (tome 6), 2004 (tome 7), 2005 (tome 8).
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Révisez le bac avec le film « Avoir vingt ans dans les Aurès » de René Vautier
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : décolonisation.
L’histoire du film
Pacifistes, antimilitaristes et insoumis, une douzaine de jeunes bretons, dont un curé et un instituteur, sont enrôlés de force en Algérie, en 1961, dans un camp d’entrainement de «commandos de chasse» (troupes de choc) dans les Aurès. Quelques mois de dressage physique et d’abrutissement moral, puis la frayeur des opérations de guerre les transforment en robots prêts à tuer et à exercer toutes les exactions possibles conte les populations civiles.
Blessé grièvement au cours d’un accrochage, l’instituteur, resté réfractaire, revient, en s’adressant à la caméra, sur ce qu’il a vécu au cours de son entrainement puis durant les combats avec l’ennemi. Ses propos sont illustrés par des flashbacks. Un autre soldat, qui a toujours refusé de tirer, finit par déserter, emmenant avec lui un prisonnier « fell » (pour Fellaga, nom donné par les soldats français aux combattants de l’ALN -Armée de Libération Nationale- bras armé du FLN -Front de Libération National algérien).
A retenir pour le bac
De 1954 à 1962, le Gouvernement français ne reconnaîtra jamais l’état de guerre en Algérie. Il parlera toujours « d’opérations de maintien de l’ordre ». En effet, «l’Algérie c’est la France».
Pourtant, la présence de 500.000 militaires français, y compris le contingent – c’est-à-dire les soldats appelés -, prouvent l’intensité de l’engagement de la France contre les «terroristes» algériens du FLN luttant pour leur indépendance.
L’âpreté des actes liés à la guerre est relatée dans le film de René Vautier : exactions diverses contre les civils (exécutions sommaires et viols), destructions de « mechtas » (maisons) et des récoltes, pillages, abattage du bétail. Pour les combattants du FLN, dont on veut obtenir un renseignement, c’est la torture à l’électricité avec la dynamo du téléphone militaire (« la gégène »).
Les combattants algériens ne sont pas en reste de violences sur les soldats français : tortures, mutilations sexuelles, exécutions.
Découvrez un extrait du film en cliquant ici..
Fiche pratique
Titre : Avoir vingt ans dans les Aurès (inspiré du livre « Le désert à l’aube » de Noël Favrelière, 1960, Editions de Minuit) • Réalisateur : René Vautier • Année : 1972 • Récompense : Prix de la critique internationale (Cannes 1972).
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Révisez le bac avec le film « Coup de torchon » de Bertrand Tavernier
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : décolonisation.
L’histoire du film
En 1938, dans une petite ville d’Afrique occidentale française, l’unique policier subit les sarcasmes de ses semblables pour sa fainéantise et sa veulerie. Derrière ce personnage se cache en réalité un assassin diabolique qui se débarrasse peu à peu de tous ceux qui le gênent ou le persécutent en faisant accuser d’autres que lui. Il est finalement le seul blanc au milieu de la population africaine.
Avec un humour grinçant, il résume ainsi la philosophie de son métier de policier : « normalement, c’est aux riches et aux puissants que je devrais serrer la vis. Seulement, je n’ai pas le droit, justement parce qu’ils sont riches et puissants. Alors, il faut bien que je me rattrape en tapant deux fois plus fort sur les pauvres, les malheureux, les nègres. »
A retenir pour le bac
Bertrand Tavernier décrit de manière caricaturale la société coloniale française, à bout de souffle à la veille de la Seconde Guerre Mondiale. La faillite des institutions est due en partie à la médiocrité de leurs représentants et à l’ambiance délétère qui prédomine dans les colonies. Les populations dites « nègres » sont maintenues à un statut social très inférieur. Le racisme latent ou violent qui en résulte en est soit la cause soit le résultat.
Découvrez un extrait du film en cliquant ici.
Fiche pratique
Titre : Coup de torchon (adapté du livre « 1.275 âmes » de Jim Thomson, Gallimard) • Réalisateur : Bertrand Tavernier • Année : 1981 • Récompenses : 9 nominations aux Césars de 1982. Prix de l’Athénée au festival de San Sébastien (1982). Prix du Public au festival de Durban (1982).
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Révisez le bac avec le film « La 317ème section » de Pierre Schoendoerffer
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : décolonisation (guerre d’Indochine).
L’histoire du film
A la fin de la guerre d’Indochine, une section composée d’officiers et sous-officiers français et de soldats laotiens doit abandonner son poste à la frontière du Laos. Elle reçoit l’ordre de rallier, à travers la jungle, une position française située 150 kilomètres plus au sud. Elle se heurte aux forces Viêt Minh qui déferlent sur Diên Biên Phu.
Le film retrace l’histoire de cette évacuation. Celle-ci se transforme rapidement en fuite dramatique ponctuée d’embuscades et de morts. L’anéantissement de la section marque la fin de l’épopée.
Au cours de cette retraite, le lieutenant et l’adjudant substituent peu à peu, au strict comportement hiérarchique, des liens d’amitié.
A retenir pour le bac
« La 317ème section » débute le 4 mai 1954. La bataille finale de la guerre d’Indochine, Diên Biên Phu, commencée le 13 mars, s’achève le 7 mai par la défaite des forces françaises. La guerre entamée en septembre 1945 se clôt par les « accords de Genève » du 22 juillet 1954. Ce film est le reflet de l’effondrement de l’armée française et de la fin de la présence française en Indochine.
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Fiche pratique
Titre : La 317ème section • Réalisateur : Pierre Schoendoerffer • Année : 1965 • Récompense : Prix du meilleur scénario (Cannes, 1965).
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