Révisez le bac avec la BD « Olympe de Gouges » de Catel et Bocquet
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : « Révolutions, libertés, nations » (classe de seconde).
L’histoire de la BD
Marie Gouze, née en 1748, est la fille naturelle de Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, noble officier royal originaire de Montauban, et d’Anne Olympe Gouze, épouse d’un boucher. Initiée à l’apprentissage de la lecture, Marie s’intéresse à la littérature. Son père naturel est l’auteur d’une tragédie à succès, Didon. Mariée à un commerçant, elle accouche d’un fils, Pierre, à 18 ans et devient veuve la même année. Elle partage ensuite la vie d’un noble fortuné, Jacques Biétrix de Rozières, sans l’épouser car « le mariage est le tombeau de l’amour ». Marie multiplie les lectures de Voltaire, Manon Lescaut et Jean Jacques Rousseau.
A partir de 1773, elle vit à Paris et se fait appeler Olympe de Gouges. Jacques Bétrix de Rozières lui octroie une rente de 30.000 livres. Olympe élève son fils selon les principes de Rousseau et fréquente les salons, dont ceux de madame de Montesson, épouse du duc d’Orléans et de madame Helvétius. Elle y côtoie des hommes de lettres et philosophes comme Louis Sébastien Mercier, Bernardin de Saint-Pierre, Condorcet et Benjamin Franklin. Olympe mène une vie sentimentale libre et entretient des liaisons avec le chevalier de Cubières et Philippe d’Orléans.
Passionnée par le théâtre, elle écrit, en 1785, Zamor et Mirza, pièce en trois actes qui dénonce l’esclavage des Noirs. Reçue par la Comédie française, la pièce est jouée pour la première fois en 1789. Pendant la Révolution, elle écrit le « Couvent ou les vœux forcés » qui dénonce les injustices faites aux femmes et milite aux côtés de Condorcet pour l’admission des femmes au droit de cité.
En 1791, Olympe rédige une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne dont l’article 10 affirme que « la femme a le droit de monter sur l’échafaud : elle doit avoir également celui de monter à la tribune. » Olympe de Gouges est proche des Girondins, notamment Brissot, et favorable à l’indulgence lors du procès du roi. Elle attaque dans ses écrits Marat et Robespierre. Son opposition à la Terreur conduit Olympe à la guillotine le 3 novembre 1793.
A retenir pour le bac
Cette biographie de 401 planches est un véritable livre d’histoire. Il permet de mettre en perspective la Révolution française en montrant la montée des idées de liberté, exprimées notamment par Voltaire et Rousseau et leur large diffusion dans la société au XVIIIème siècle. Véritable femme des « Lumières », Olympe de Gouges incarne cette aspiration à la liberté individuelle et politique. Ses écrits littéraires et politiques nombreux militent pour l’émancipation des Noirs et des femmes pour lesquelles elle réclame droit au divorce et droit de vote. Ce livre éclaire le rôle actif des femmes dans la Révolution, sinon en droit, du moins en fait, par leurs prises de parole, écrits, manifestations.
Fiche pratique
Titre : Olympe de Gouges • Auteurs : Catel (dessin) et José-Louis Bocquet (scénario) • Editeur : Casterman • Année : mai 2012.
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Réviser le bac avec le film « Argo » de Ben Affleck
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : les États-Unis et le monde depuis 1918 ; le Proche et le Moyen-Orient depuis 1918
L’histoire du film
Argo raconte l’histoire d’américains exfiltrés d’Iran lors d’une opération secrète, en les faisant passer pour des canadiens travaillant sur un film. L’opération a lieu dans un contexte politique très tendu entre l’Iran et les Etats-Unis.
Dès son introduction, le film repasse en vue 25 ans de l’histoire de l’Iran, du coup d’Etat de 1953 soutenu par la CIA contre le premier ministre Mossadegh, qui avait nationalisé l’industrie pétrolière, à la chute de celui qui l’a remplacé, « placé » par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, le Shah Mohammad Reza Pahlavi, en 1978.
En 1979, l’ambassade américaine à Téhéran est attaquée par des militants islamistes. Six diplomates réussissent à s’échapper et à gagner la résidence de l’ambassadeur du Canada sans que les autorités iraniennes n’en soient informées. La crise s’intensifie entre les Etats-Unis et l’Iran, la CIA doit donc exfiltrer les six réfugiés en toute discrétion. Elle les fait passer pour des techniciens et assistants travaillant sur un film, et monte une opération secrète qui ne sera révélée qu’en 1997.
Le film permet de replacer les relations entre les Etats-Unis et l’Iran, après la guerre. Jusque-là, aucun échange particulier n’avait eu lieu entre ces deux pays. C’est le pétrole, dans les années 50, qui va changer la donne. Après qu’il nationalise une entreprise de pétrole jusque-là domaine britannique, , le premier ministre Mohammad Mossadegh est renversé avec l’aide des USA et du Royaume-Uni pour remettre le Shah au pouvoir.
Lors de la Révolution iranienne de 1979, le Shah est dépossédé du pouvoir une seconde fois. L’Ayatollah Khomeini devient le nouveau chef du pouvoir en Iran et les États-Unis sont décrits par les iraniens comme une nation d’infidèles. La prise de l’ambassade américaine est un des événements physiques manifestés contre les Etats-Unis.
Aujourd’hui encore, les relations sont très tendues entre les deux nations, après une série d’épisodes difficiles : la destruction d’un avion de ligne iranien par un croiseur américain, des sanctions économiques américaines, la surveillance du programme nucléaire iranien, et la question des droits de l’homme. La sortie du film Argo a encore compliqué un peu plus les choses…
Découvrez la bande-annonce et des infos sur le film sur Review de Presse.
Fiche pratique
Titre : Argo • Réalisateur : Ben Affleck • Année : 2012 • Récompenses : Oscars 2013 du meilleur film et du meilleur scénario, César 2013 du meilleur film étranger, BAFTA et Golden Globe du meilleur film.
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Révisez le bac avec la BD « Mezek » de Juillard et Yann
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : « Proche et le Moyen-Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale ».
L’histoire de la BD
En juin 1948, l’Israeli Air Force, aviation du jeune Etat d’Israël, combat l’aviation égyptienne dans le ciel de Tel Aviv et du Néguev pour défendre la capitale et les Kibboutz, exploitations agricoles socialistes. Beaucoup de pilotes de l’IAF, mais aussi de l’Egypte et de la Syrie, sont des mercenaires allemands, suédois, anglais, américains.
L’équipement des armées se compose d’anciens appareils de la Seconde Guerre mondiale. Les Israéliens combattent sur des Messerschmitt, les « Mezeks », vendus par les Tchécoslovaques. Björn est le pilote d’élite de l’IAF, recruté par son chef, Modi Alon. Son identité officielle suédoise cache un « Yeke », un Allemand juif pilote de Messerschmitt dans la Luftwaffe pendant la Guerre, en quête de rédemption. Il entretient des amours avec Tzipi, jeune femme membre des commandos de choc de la Haganah (armée israélienne) et Oona Kagan, lieutenant féminin à l’Etat-major des forces aériennes.
Modi Alon charge Björn de la mission de couler le cargo Antinéa, affrété par l’Irgoun de Menahem Begin, le 22 juin 1948. Cette organisation de droite concurrente de la Haganah, dirigée par David Ben Gourion, s’apprête à débarquer armes et volontaires en Israël.
A retenir pour le bac
Le contexte de cette bande dessinée est celui de la première guerre entre Israël et les pays arabes. Syrie, Egypte et Jordanie attaquent Israël après la déclaration d’indépendance proclamée, le 14 mai 1948, par le sioniste socialiste David Ben Gourion. En raison d’un embargo international, la Sherout Ha’avir (Armée de l’air d’Israël) éprouve des difficultés pour acheter des armes. Seule la Tchécoslovaquie accepte de livrer à Israël des avions d’origine allemande et assure la formation des pilotes. En raison de ces moyens modestes, toutes les ressources du jeune Etat hébreu sont mobilisées dans la guerre, dont des femmes qui servent dans les unités combattantes.
Cet ouvrage permet d’évoquer par ailleurs les relations complexes entre les organisations sionistes qui défendent la création d’un Etat pour les Juifs en Palestine. L’Irgoun dirigée par Ménahem Begin a lutté contre les Britanniques et les Arabes palestiniens par des actions terroristes. Au lendemain de l’immobilisation du cargo Altanela, les forces de l’Irgoun fusionnent, avec celles de la Haganah, dans Tsahal (Armée de Défense d’Israël).
Enfin le livre, au-delà du paradoxe de l’armement d’Israël par des avions – d’origine nazie -, évoque un drame occulté par l’horreur de la «solution finale». Des Allemands d’origine juive, non identifiés comme tels, combattirent dans la Luftwaffe ; tel le pilote Kurt Heller, qu’incarne Björn, héros de « Mezek ». Seule entorse à la vérité historique, le cargo Altalena (appelé ici Antinéa), bombardé en réalité par l’artillerie, est attaqué dans la bande dessinée par les mercenaires de l’IAF.
Fiche pratique
Titre : Mezek • Editeur : Editions Le Lombard, collection « Signé » • Auteurs : André Juillard et Yann • Année : avril 2011.
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Révisez le bac avec la chanson « Happy birthday » de Stevie Wonder
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : « Religion et société aux Etats-Unis depuis les années 1890 ».
L’histoire de la chanson
Martin Luther King (1929-1968), pasteur baptiste, milita de manière non violente, entre 1955 et 1968, pour l’obtention de droits civiques en faveur des Afro-américains victimes de la ségrégation aux Etats-Unis. Le 28 août 1963, il prononce devant le Lincoln Memorial de Washington, à l’occasion de la marche pour l’emploi et la liberté, le célèbre discours « I have a dream » (« Je fais un rêve, qu’un jour, cette nation se lèvera et vivra le vrai sens de sa foi : Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux. »)
En 1964, Martin Luther King reçoit le prix Nobel de la paix pour son action. En 1965, sous la présidence du démocrate Lyndon Johnson, sont votées deux lois essentielles : le Civil Rights Act et le Voting Rights Act. Elles abolissent la discrimination dans les bâtiments publics, administrations, emplois et les restrictions au vote des Afro-américains.
A retenir pour le bac
Cette chanson illustre l’influence de la religion dans les débats politiques aux Etats-Unis et ce qu’on entend par l’expression « religion civile ».
Dans les années 1970 des représentants du parti démocrate et des syndicalistes militent en faveur d’une loi qui instituerait le jour anniversaire de Martin Luther King en jour de congé fédéral. En 1980 Stevie wonder écrit la chanson Happy Birthday pour soutenir cette action.
La phrase « Thanks to Martin Luther » est au milieu de la chanson et Stevie Wonder insiste dans ses paroles sur les valeurs chrétiennes qui fondent le rêve de King : le Bien, la Paix, la Vérité, l’Amour. Au nom de ce rêve Wonder revendique un jour entier de souvenir (« And the whole day should be spent in full remembrance »). Six millions de signatures sont collectées dans une pétition adressée au Congrès.
Le président Ronald Reagan, d’abord opposé à ce jour férié, s’incline après le vote par le Congrès du King Day Bill (338 voix contre 90 à la Chambre des représentants et 78 contre 22 au Sénat). Dans la roseraie de la Maison Blanche, le 2 novembre 1983, Ronald Reagan signe la loi créant un jour férié fédéral pour honorer Martin Luther King. Il est observé pour la première fois le 20 janvier 1986.
Pour écouter la chanson interprétée par Stevie Wonder.
Pour connaître les paroles de la chanson Happy Birthday.
Fiche pratique
Titre : « Happy birthday », extrait de l’album Hotter than July • Auteur : Stevie Wonder • Année : 1980.
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Révisez le bac avec le BD « L’art de voler » de Antonio Altarriba et Kim
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : « La guerre au vingtième siècle » et « Le siècle des totalitarismes ».
L’histoire de la BD
Antonio Altarriba entreprend de raconter l’histoire de son père après son suicide à l’âge de 90 ans, en 2001. A travers le récit de sa vie, il brosse 90 ans de l’histoire espagnole.
Fils d’un petit paysan propriétaire du village de Penaflor dans la province de Saragosse, Antonio travaille dès l’enfance aux champs, mais rêve de ville et d’automobiles. A Saragosse, lors de la proclamation de la République en 1931, Antonio devient représentant en machines à coudre Singer.
La guerre civile éclate en 1936 après la victoire électorale du Front populaire et Antonio est mobilisé dans les troupes nationalistes du général Franco. Il déserte et s’engage du côté républicain dans une centurie de combat anarchiste. Il traverse la guerre et les grandes batailles de Belchite, de Teruel, de l’Ebre comme chauffeur, facteur et ambulancier, puis à un poste de ravitailleur.
En 1939, la défaite des Républicains provoque l’exil en France, l’internement dans le camp de Saint-Cyprien suivi de l’enrôlement dans des compagnies de travail. Antonio s’engage dans la Résistance contre l’occupant nazi. Après la Libération, il vit à Marseille de trafic de charbon. En 1949, il décide de revenir en Espagne, où il trouve du travail dans la biscuiterie d’un cousin par alliance et fonde une famille. Dans une société verrouillée par la morale catholique et minée par la corruption, Antonio renonce aux idéaux de sa jeunesse. Il devient un des propriétaires de la biscuiterie, à la faveur d’une escroquerie. Pendant les quinze dernières années de sa vie dans une maison de retraite, en dépit du retour de l’Espagne à la démocratie libérale, Antonio sombre dans la dépression.
A retenir pour le bac
Ce livre – qui a eu un succès éditorial considérable en Espagne -, permet de replacer l’histoire de l’Espagne contemporaine dans une perspective européenne et de comprendre que la démocratie est le produit historique de « l’âge de la guerre civile » (expression de l’historien Enzo Traverso, A feu et à sang).
La guerre civile espagnole, par sa cruauté, préfigure l’affrontement des idéologies « totalitaires » de la Deuxième guerre mondiale dont l’objectif est l’anéantissement de l’ennemi. « Nous, on se tuait parce qu’on se haïssait et qu’on était acharnés », affirme un des combattants républicains du livre. Il rappelle aussi la difficulté de l’exil pour les familles républicaines. Celles-ci furent concentrées par la République française dans des camps, à l’image de celui de Saint-Cyprien, face à la plage, construit par les réfugiés eux-mêmes. Les conditions de vie y étaient épouvantables.
Titre : L’art de voler • Editeur : Denoël, « Graphic » • Auteurs : Antonio Altarriba et Kim • Année : 2011.
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Révisez le bac avec « James Bond »
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : la Guerre Froide.
L’histoire des films
James Bond, alias 007, fait partie des services secrets britanniques. Nombre de ses missions, dans tous les coins du monde, le conduisent à affronter des ennemis – symboliquement les pays communistes dont l’URSS -. La série compte aujourd’hui 23 films (le dernier en date étant Skyfall, sur les écrans depuis le 26 octobre 2012). La plupart d’entre eux sont inspirés des romans de Ian Fleming, créateur du personnage, qui se base sur son propre passé d’espion.
Quelle est la place de la Grande-Bretagne dans l’opposition entre les Etats-Unis et l’URSS ? La série des films mettant en vedette l’agent 007 permet de répondre un peu à cette question, même si le personnage de James Bond est fictionnel, et les situations souvent irréelles.
A retenir pour le bac
La Guerre Froide est la période d’oppositions idéologiques et politiques entre les Etats-Unis et l’URSS, entre 1945 et 1989, au moment de la chute du mur de Berlin. Le personnage créé par Ian Fleming s’inscrit dans cette période. Pour exemple, la crise des missiles de Cuba inspire la trame de Opération Tonnerre, en 1965.
On se rend compte de l’évolution géopolitique de cette Guerre Froide, avec la chronologie Bondienne. Très tendue en 1965, la situation se détend en 1970 avec L’Espion qui M’aimait, dans lequel l’agent britannique fait équipe avec un agent soviétique féminin. Il représente une « résistance » de l’Empire britannique face au mastodonte américain, cet Empire qui a tout perdu de sa superpuissance juste après la guerre.
La relation entre James Bond et Felix Leiter, son équivalent américain, est aussi à l’image des relations américano-britanniques, puisque les deux peuvent travailler main dans la main pour certaines missions, 007 garde toujours une méfiance envers son homologue, et ne lui fournit pas toutes les informations. Bond se méfie de l’arrogance de Leiter, à l’image des relations entre les deux pays.
En 1981, dans Rien Que Pour Vos Yeux, la vanité britannique quant à la longueur de cette Guerre Froide est illustrée par un Bond alors ironique qui renvoie les USA et l’URSS dos à dos en leur disant que personne n’a l’info voulue par leurs commanditaires. Le meilleur exemple en est Bons Baisers de Russie (1963), dans lequel on se rend compte que l’affrontement américano-russe ne concerne pas le Royaume-Uni, mais que ce duel est un excellent prétexte fictionnel.
Quand la Guerre Froide cesse, la géopolitique est tellement bousculée que l’agent 007 n’apparaît plus sur les écrans pendant six ans. James Bond manque d’ennemis. Quand il revient sous les traits de Pierce Brosnan (en 1995), celui-ci est décrit par son supérieur M, comme une « relique de la Guerre Froide ».
Ses ennemis seront, à partir de là, les « héritiers » de cette Guerre Froide, représentés par des chefs de guerre sans lien avec les pays mais adhérant à des doctrines nationalistes. Ils revendiquent alors une volonté de puissance ; l’ennemi russe laissant la place à l’ennemi terroriste, apatride.
Plus d’infos sur la saga James Bond sur Review de presse.
Fiche technique
Titre : Opération Tonnerre, Bons Baisers de Russie, L’Espion Qui M’aimait, Rien Que Pour Vos Yeux, Goldeneye… • Réalisateurs : Martin Campbell, John Glen, Terence Young, Lewis Gilbert… • Année : depuis 1962.
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Révisez le bac avec la série « The Hour »
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : colonisation et décolonisation.
L’histoire de la série
En 1956, à Londres, se crée sur la BBC une émission d’informations d’un nouveau genre, nommée The Hour. Une heure d’informations qui s’éloignent du traditionnel journal rempli uniquement d’informations autorisées par le gouvernement auquel les spectateurs ont été habitués jusque-là. La crise du canal de Suez arrive dans un contexte où les journalistes de l’émission se battent pour proposer du contenu de qualité malgré la censure régulière pratiquée par les représentants de l’Empire britannique, qui vit ses dernières heures de gloire.
En juillet 1956, le président de la République d’Égypte, Gamal Abdel Nasser, nationalise le canal de Suez à la suite du refus des États-Unis de fournir des fonds pour le barrage d’Assouan. Les britanniques défendent la position américaine, et gèlent les avoirs égyptiens. Nasser dénonce alors la présence coloniale du Royaume-Uni dans la région.
En octobre, le Royaume-Uni, la France et Israël lancent une opération militaire destinée à récupérer le canal, pour que les actionnaires l’ayant financé ne soient pas spoliés de ce qui, selon eux, leur appartient. Mais les Nations Unies jugent en faveur de l’Egypte, ruinant de nombreux actionnaires. Conséquences : la démission du Premier Ministre anglais Eden. Et surtout la perte de puissance internationale de l’Empire britannique, considéré comme affilié aux Etats-Unis puisqu’il suivra systématiquement les décisions américaines lors des 15 années suivantes sur la politique coloniale, avant de se retirer progressivement du continent africain. Dernière conséquence : une crise sociale qui durera jusqu’au début des années 1980.
Parallèlement au conflit du Canal de Suez, la série The Hour s’intéresse à un autre événement géopolitique du moment, l’insurrection de Budapest. Né d’une révolution étudiante, le mouvement devient une protestation globale du pays envers la politique imposée par l’Union Soviétique. Si elle s’avéra vaine, l’insurrection mit en valeur l’emprise soviétique sur les nations de l’Est. Aujourd’hui, le 23 octobre est un jour de fête nationale , en hommage aux étudiants tués par les forces répressives de l’Etat.
Plus d’infos sur la série sur Review de Presse.
Fiche pratique
Titre : The Hour • Créateur : Abi Morgan • Année : depuis 2011 (diffusion en octobre 2012 sur Orange Cinémax) • Récompenses : 3 nominations aux Golden Globe 2012.
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Révisez le bac avec la série « Downton Abbey »
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : la guerre au XXe siècle.
L’histoire de la série
De 1912 à 1918 (saisons 1 et 2), le quotidien d’une maison bourgeoise, dans le village de Downton Abbey, en Angleterre, dans laquelle de riches héritiers et leurs domestiques vont être confrontés, chacun à leur manière, à la réalité de la guerre.
A retenir pour le bac
La série montre l’évolution de la société anglaise sur les six années que les deux premières saisons suivent. Dans la première saison, outre la différence de classe sociale qui oppose la famille de Lord Grantham à la dizaine de domestiques qui s’occupent de leur maison, la série annonce les premiers mouvements politiques qui mènent à la Première Guerre mondiale. C’est d’ailleurs la dernière phrase de la saison 1 : « Nous sommes en guerre », en 1914.
La saison 2 raconte les horreurs de la guerre pour tous les personnages, sans exception. Deux des jeunes valets travaillant à Dowton Abbey s’engagent dans le conflit, et vont même au front. L’un se fait volontairement blesser dans les tranchées, pour se faire rapatrier à Downton, l’autre prendra un éclat d’obus qui le blessera mortellement.
Même les riches héritiers de la noblesse sont impliqués dans le conflit. Lord Grantham veut participer au combat, et déchante lorsqu’il s’aperçoit que sa nomination dans l’armée n’a qu’un rôle « honorifique », n’étant qu’un pantin des hautes castes, fières de faire croire qu’elles sont impliquées dans le combat. Pendant toute la durée de la Guerre, il portera toutefois son costume de l’armée, absurdité soulignée d’autant plus lorsqu’il passe ses journées à ne rien faire.
Son manoir sert toutefois d’hôpital de fortune, accueillant les soldats blessés, bouleversant le quotidien déjà surchargé des serviteurs, qui doivent, en plus de servir la famille Grantham, servir les nombreux soldats. Cette initiative ramène toutefois une portion de réalité concrète dans la maison, nombreux étant ceux qui s’étonnaient de continuer à vivre « comme si de rien n’était ».
L’héritier de Downton Abbey, Matthew Crawley, est quant à lui envoyé au front en tant que commandant des troupes. Il en reviendra sérieusement blessé. La cadette des filles de Lord Grantham, qui se destinait à épouser un riche héritier, bouscule son destin et se dévoue pour devenir une infirmière. Elle soigne ainsi les blessés de guerre, d’abord dans l’hôpital de Downton, puis dans la maison familiale quand celle-ci est transformée en charité.
La série donne donc une vision complémentaire à ce qu’on peut voir de la guerre. Beaucoup de jeunes hommes de différentes classes sociales ont été envoyés sur le terrain. Et si le conflit a d’abord épargné les hautes castes, celles-ci n’ont pas eu d’autre choix que de suivre « l’effort de guerre », même si leurs conditions sont restées largement satisfaisantes sur l’ensemble des quatre années du conflit. La série n’oublie pas aussi ceux qui veulent éviter d’être appelés, et ceux qui veulent y aller quand aucune obligation ne leur est faite. Le scénario met également en évidence le changement du regard sur les femmes, qui passent d’un rôle de « oisives à épouser », à celui de décisionnaires, d’organisatrices.
Plus d’infos sur la série sur Review de Presse.
Fiche pratique
Titre : Dowton Abbey • Créateur : Jullian Fellowes • Année : depuis 2010 (diffusée sur TMC, le dimanche à 20h50).
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Révisez le bac avec la série « Homeland »
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : « le Proche et Moyen Orient, un foyer de conflits depuis la fin de la Première Guerre mondiale » et « Etats-Unis : Religion et Société ».
L’histoire de la série
Nicholas Brody, soldat américain disparu lors d’une mission en Irak, il y a 8 ans, réapparaît, alors que tout le monde le pensait mort. Rapatrié aux États-Unis, il est accueilli en héros par sa famille et le gouvernement. Mais l’agent de la CIA, Carrie Mathison, est persuadée que le héros est devenu un espion à la solde de l’ennemi, préparant la prochaine attaque terroriste sur le sol américain.
A retenir pour le bac
20 ans après la Guerre du Golfe, les Etats-Unis continuent de considérer cette zone comme un échec militaire devenu un traumatisme social. Entre les Etats-Unis et de nombreux pays comme l’Irak ou l’Afghanistan, les relations politiques sont difficiles et la confiance est impossible. Des affrontements se sont succédés, entre pays du Moyen-Orient et du Proche Orient, ou bien avec des intervenants extérieurs. A ce titre, la situation géopolitique semble sans issue pour cette région du globe. Les Etats-Unis, victimes de cet échec d’action et de négociation, n’ont toujours pas digéré de ne pas réussir leur entreprise. Amertume supplémentaire pour les citoyens américains : ceux qui l’ont payé le plus cher, ce sont les soldats et leurs familles. Le tout a ébranlé la confiance d’un peuple et d’une nation habituellement fiers, devenus craintifs.
Mais plus qu’un simple constat des ingérences belliqueuses, Homeland apporte un œil nouveau sur les soldats revenus de la guerre : certains ont finalement compris et adopté le point de vue du pays qu’ils étaient venus « conquérir », se convertissant à l’Islam, d’autres ont carrément adhéré à l’idéologie de l’ennemi. La conversion à l’Islam d’un des personnages principaux – priant depuis le sol américain – aborde le débat des musulmans aux Etats-Unis, et de la place de toutes les religions non chrétiennes dans un pays qui définit une grande part de son identité par la chretienneté.
Et ce qui ne correspond pas à cette norme historique chrétienne, qu’elle vienne de l’extérieur ou qu’elle soit intégrée par ses habitants, constitue une menace, psychologique, trop vite traduite par certains comme un possible terrorisme. Homeland appuie sur les blessures post-11 septembre du peuple américain, en présentant tous les dysfonctionnements idéologiques, quels que soient leur nature : politique, religieuse ou sociale.
Plus d’infos sur la série sur ReviewdePresse.com.
Fiche pratique
Titre : Homeland • Créateur : Howard Gordon et Alex Gansa, d’après la série télévisée israëlienne, Hatufim (Kidnapped), créée par Gideon Raff • Année : depuis 2011 (la série est diffusée sur Canal+ depuis le 13 septembre) • Récompenses : Emmy Award 2012 du meilleur drama, du meilleur acteur et de la meilleure actrice (Damian Lewis, Claire Danes), et du meilleur scénario. Meilleure série télévisée dramatique aux Golden Globes 2012.
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Révisez le bac avec la BD « Tintin au Congo » d’Hergé
Matière : histoire • Partie du cours à réviser : colonisation et décolonisation.
L’histoire de la BD
Tintin, reporter du journal belge Le Petit Vingtième, part faire un reportage au Congo. Il est amené à combattre un gang de trafiquants de diamants à la solde de bandits de Chicago.
A retenir pour le bac
Cette bande dessinée est un document historique et peut être cité comme tel. Second album des aventures de Tintin, écrit entre 1930 et 1931, ce travail est une commande de l’abbé Norbert Wallez, directeur du quotidien belge catholique Le Vingtième siècle.
Le regard d’Hergé sur le Congo témoigne des représentations dominantes des Européens sur l’Afrique au moment de l’apogée de l’aventure coloniale. En 1931, l’Exposition coloniale internationale organisée à Paris pour exalter les réalisations et la « vocation » coloniale de la France attire 8 millions de visiteurs. Hergé apparaît comme le héraut de la mission civilisatrice que prétendent accomplir les métropoles. Il s’agit d’abord d’amener la paix et de diriger avec justice. Tintin rend des jugements et clôt des différends entre des populations autochtones présentées comme belliqueuses. Il faut ensuite soigner, éduquer et convertir. En visite dans une mission, Tintin devient professeur de géographie : « Mes chers amis, je vais vous parler de votre patrie, la Belgique ».
Terre de mission, le Congo est aussi représenté comme un espace exotique où l’aventure est synonyme de grandes chasses. Tintin massacre, pour la beauté du geste, girafes, éléphants, lions, crocodiles, rhinocéros.
Le regard du prof (et de ses élèves*)
Ce livre témoigne des préjugés racistes qui prévalent entre la fin du XIXeme siècle et les années 30. Les Noirs sont de grands enfants à la fois paresseux, belliqueux, puérils et stupides. Dessinés d’une manière stéréotypée, ils ont de grosses lèvres et parlent « petit nègre ». L’incapacité de maîtriser le langage sanctionne une infériorité.
L’exploitation économique de la colonie et la mise au travail forcé des populations du Congo, notamment par Léopold II de Belgique entre 1885 et 1908, ne sont pas évoquées par Hergé, à la différence de Georges Simenon. En 1932, cet écrivain belge publie dans l’hebdomadaire Voilà, un reportage « L’heure nègre » dans lequel il dénonce les pratiques coloniales.
La dernière planche de l’album, chef-d’œuvre graphique d’Hergé, concentre en une image l’essentiel du discours paternaliste colonial : un Noir et un chien se prosternent devant les fétiches de Tintin et Milou. Sur le même plan un autre Noir affirme qu’en « Belgique tous les petits blancs sont comme Tintin ». Une femme gronde son enfant et lui assigne comme devoir de devenir « comme Tintin » qualifié par un groupe d’hommes en palabre de « Boula Matari » ou « casseur de pierres », surnom donné à l’explorateur Stanley. Au centre de l’image, l’appareil photographique oublié par Tintin rappelle la supériorité technologique de l’Europe.
Fiche technique
Titre : Tintin au Congo • Auteur : d’Hergé • Editeur : Casterman • Année : première édition noir et blanc en 1931, édition couleur modifiée en 1947.
(*) Cette fiche a été réalisée par Mélissa Sicre, Francesca Masutti, Eléa Rousse-Geneix, Salomé De Foville, élèves de seconde au lycée Georges Brassens, Paris XIXème.
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