Révisez le bac avec la BD « Tintin au Congo » d’Hergé


Matière : histoire • Partie du cours à réviser : colonisation et décolonisation.

L’histoire de la BD

Tintin, reporter du journal belge Le Petit Vingtième, part faire un reportage au Congo. Il est amené à combattre un gang de trafiquants de diamants à la solde de bandits de Chicago.

A retenir pour le bac

Cette bande dessinée est un document historique et peut être cité comme tel. Second album des aventures de Tintin, écrit entre 1930 et 1931, ce travail est une commande de l’abbé Norbert Wallez, directeur du quotidien belge catholique Le Vingtième siècle.

Le regard d’Hergé sur le Congo témoigne des représentations dominantes des Européens sur l’Afrique au moment de l’apogée de l’aventure coloniale. En 1931, l’Exposition coloniale internationale organisée à Paris pour exalter les réalisations et la « vocation » coloniale de la France attire 8 millions de visiteurs. Hergé apparaît comme le héraut de la mission civilisatrice que prétendent accomplir les métropoles. Il s’agit d’abord d’amener la paix et de diriger avec justice. Tintin rend des jugements et clôt des différends entre des populations autochtones présentées comme belliqueuses. Il faut ensuite soigner, éduquer et convertir. En visite dans une mission, Tintin devient professeur de géographie : « Mes chers amis, je vais vous parler de votre patrie, la Belgique ».

Terre de mission, le Congo est aussi représenté comme un espace exotique où l’aventure est synonyme de grandes chasses. Tintin massacre, pour la beauté du geste, girafes, éléphants, lions, crocodiles, rhinocéros.

Le regard du prof (et de ses élèves*)

Ce livre témoigne des préjugés racistes qui prévalent entre la fin du XIXeme siècle et les années 30. Les Noirs sont de grands enfants à la fois paresseux, belliqueux, puérils et stupides. Dessinés d’une manière stéréotypée, ils ont de grosses lèvres et parlent « petit nègre ». L’incapacité de maîtriser le langage sanctionne une infériorité.

L’exploitation économique de la colonie et la mise au travail forcé des populations du Congo, notamment par Léopold II de Belgique entre 1885 et 1908, ne sont pas évoquées par Hergé, à la différence de Georges Simenon. En 1932, cet écrivain belge publie dans l’hebdomadaire Voilà, un reportage « L’heure nègre » dans lequel il dénonce les pratiques coloniales.

La dernière planche de l’album, chef-d’œuvre graphique d’Hergé, concentre en une image l’essentiel du discours paternaliste colonial : un Noir et un chien se prosternent devant les fétiches de Tintin et Milou. Sur le même plan un autre Noir affirme qu’en « Belgique tous les petits blancs sont comme Tintin ». Une femme gronde son enfant et lui assigne comme devoir de devenir « comme Tintin » qualifié par un groupe d’hommes en palabre de « Boula Matari » ou « casseur de pierres », surnom donné à l’explorateur Stanley. Au centre de l’image, l’appareil photographique oublié par Tintin rappelle la supériorité technologique de l’Europe.

Fiche technique

Titre : Tintin au Congo • Auteur : d’Hergé • Editeur : Casterman • Année : première édition noir et blanc en 1931, édition couleur modifiée en 1947.

(*) Cette fiche a été réalisée par Mélissa Sicre, Francesca Masutti, Eléa Rousse-Geneix, Salomé De Foville, élèves de seconde au lycée Georges Brassens, Paris XIXème.


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